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Une finale haute en couleurs

La finale de la 5e édition du Trophée Poséidon DCNS s’est déroulée à Toulon il y a quelques jours. Quatorze écoles d’ingénieur sont venues défendre leurs projets pour participer à la Course Croisière EDHEC et subventionner leurs projets associatifs. Très bien ficelées, les soutenances ont donné du fil à retordre au jury de professionnels. Pour les étudiants, ce fut une expérience enrichissante qui leur a notamment permis de mieux comprendre les nombreux métiers et opportunités proposés par DCNS.

 

Mardi 2 février 2010, les étudiants de quatorze écoles d’ingénieurs se rendent à la Gare de Lyon. Direction Toulon. Ils ont été sélectionnés par plusieurs quiz hebdomadaires en ligne pour présenter leurs projets au groupe DCNS.
Dans le train, certains étudiants sont studieux. Dernières mises au point des présentations PowerPoint des soutenances. Beaucoup de solidarité entre eux : les derniers ajustements se font en équipe. Les organisateurs en profitent pour distribuer le programme, les badges…
Arrivés à l’hôtel à 20h30, fatigués, ils s’installent dans les chambres avant le dîner. Les étudiants de Centrale Marseille et de Centrale Lyon arrivent. Tout est enfin prêt pour l’épreuve finale, le lendemain.

La pression monte
En costumes, les étudiants attendent le bus devant l’hôtel : ils sont définitivement prêts à affronter le jury. Sur le trajet, les âmes sont pleines d’espoir. Trouver des financements pour réaliser ses projets, ce n’est pas si facile. Le Trophée Poséidon DCNS permet de remporter la coquette somme de 12 000 euros pour le premier prix, de 8 000 euros pour le deuxième prix et de 5 000 euros pour le troisième prix. Le premier prix permet de participer à la Course Croisière Edhec, tandis que les deuxième et troisième prix récompensent des projets associatifs qui doivent être en cohérence avec les valeurs défendues par le groupe DCNS. Dans le bus qui conduit au Dolce Frégate, à Saint Cyr sur Mer, Nicolas Thebaud, élève de Centrale Lyon, s’épanche. Il vise la Longtze Students Cup, un circuit de régates qui se déroule de mars à juin 2010. Son rêve est de naviguer : « J’ai vécu à la Réunion pendant seize ans. J’ai déjà effectué 4 tours de France à la voile en tant que barreur. Nous n’avons pas de projet associatif et misons tout sur la Cup. Si nous remportons l’un des trois prix, on pourra y participer car nous avons déjà deux partenaires financiers qui nous soutiennent. Cela fait deux mois que nous travaillons sur le projet et nous avons des chances de remporter la victoire car nous avons au sein de l’équipe trois personnes qui possèdent un bon niveau de voile. »

Le jour J
Le bus arrive au Dolce Fregate. Le cadre est magnifique ; les étudiants sont impressionnés. « On peut dire qu’on est bien lotis », pense tout haut un futur diplômé de Centrale Paris. Vue prenante sur la mer, d’un bleu électrique reposant. Le soleil est radieux. Les conditions sont réunies pour démarrer une belle journée.
Les étudiants sont invités à se rendre dans une salle de conférence. Pendant 10 minutes, chaque groupe de quatre ou cinq personnes, représentant une école sélectionnée, devra défendre ses projets devant un jury de 7 personnes. Anne Surzur, DRH de DCNS Services Toulon, Marc Thiercelin, navigateur et skipper de course au large, parrain du programme « Filières du Talent » DCNS, Franck Dormont, responsable de la communication externe du groupe DCNS, Atika Moolna, responsable des relations écoles, Jean-Jacques Parmentier, responsable du service Bâtiments de surface au sein du département logiciel nouvelle génération, Alain Volparo, DRH de DCNS Mourillon, et Antoine Lesaffre, responsable du service CAR, sont là pour écouter attentivement leurs propos. Pour les élèves ingénieurs ce n’est pas chose aisée de devoir se vendre devant cet auditoire. Ils n’ont que quelques minutes pour convaincre. Une belle épreuve. La tension monte.
 Marc Thiercelin commence par prendre la parole pour expliquer sa collaboration avec DCNS. Parrain des « Filières du Talent », il forme et accompagne Christopher Pratt, jeune navigateur, qui prendra part à La Route du Rhum 2010. Puis Bernard Sans, directeur DCNS Services Toulon, monte sur la tribune, pour présenter le groupe, ses objectifs et ses métiers. « Le groupe DCNS est un des leaders mondiaux des systèmes navals de défense. Il réalise 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et possède 8 milliards d’euros de commandes fermes. Il emploie 12 239 collaborateurs. Le groupe a une longue histoire. Il était à l’origine constitué des premiers arsenaux créés par le Cardinal Richelieu. En 2003, il est sorti de l’administration pour devenir une société de droit privé. En 2007, DCN est devenu DCNS, champion français du naval militaire, par la prise de participation de Thalès à hauteur de 25% en contrepartie de l’absorption des activités navales de Thalès en France. Nous avons une dizaine de sites en France, introduit-il, Notre projet d’entreprise unit la croissance, la performance et les alliances. Nos voulons devenir le champion européen des systèmes navals, en demeurant le partenaire privilégié de la Marine nationale, en captant une part importante du marché export des navires armés et en élargissant notre portefeuille d’activités. L’objectif est de doubler notre chiffre d’affaires à l’horizon 2018 et augmenter notre performance de 30% en 3 ans. »
Des discours qui n’ont pas laissé insensibles les étudiants dans la salle. Vont-ils être à la hauteur de l’excellence souhaitée par le groupe ? Les présentations commencent. Les tremolos dans la voix, les tremblements, les élèves vont être jugés, scrutés par le jury. Ils ont passé du temps sur leurs soutenances : ces dernières sont bien construites. Les futurs ingénieurs ont bien écouté les conseils de leurs aînés. D’ailleurs, selon les professionnels du groupe, d’années en années, les soutenances s’améliorent et la sélection devient de plus en plus ardue.
Cette année 15 écoles ont été sélectionnées et 14 sont venues présenter leurs projets : Les Mines de Nancy, l’Esigelec, Les Mines de Douai, l’Ensieta, l’ITEEM, les Arts et Métiers Paristech Paris, Centrale Lyon, Centrale Paris, l’ENSTA Paristech, Centrale Nantes, l’ECAM Rennes, Centrale Marseille, Centrale Lille et les Arts et Métiers Paristech Bordeaux.



Une sélection difficile
Centrale Lille a ouvert la danse, représentée par son association CLCC (Centrale Lille Course Croisière). Puis vient le tour de l’Esigelec et de l’Ecole des Mines de Douai. Les dossiers sont complets avec des budgets qui varient la plupart du temps de 10 000 à 20 000 euros. Les étudiants se sont creusé les méninges pour offrir au groupe DCNS une visibilité maximum durant la Course Croisière EDHEC et au sein de leur école : écrans, affiches, stand aux couleurs de DCNS, flocage des vêtements, des voiles et/ou de la coque du bateau de course, conférence sur les métiers de la mer avec une mise en avant du groupe, reportages vidéo ou de photographies, publication d’articles dans les revues des écoles…Les positions diverses et variées prévoient une publicité du groupe avant, pendant et après la course. Dans un deuxième temps, les élèves présentent leur projet associatif en vue de l’obtention du 2e ou 3e prix. Les étudiants sont très investis et exposent leurs projets avec beaucoup d’enthousiasme. D’aucuns ont su miser sur les attentes du groupe. Le projet associatif de l’ENSTA ParisTech a fait mouche : l’association « 7 filles et un bateau » vise à faire partager l’aventure nautique à des lycéennes en partenariat avec l’association « femmes&mathématiques » dans le cadre du programme « 1 000 ambassadrices pour les sciences ». Cette année, les étudiants des Arts et Métiers ParisTech Bordeaux, ont également fait fort avec la présentation par leur association Mash Bordeaux de son prototype pour le marathon automobile Shell en Allemagne.

Remise des prix au dîner
Pendant les délibérations du jury les étudiants sont invités à prendre un apéritif provençal face à la mer. « C’était éprouvant ce matin. Il est difficile de s’exposer, de se vendre, devant un auditoire aussi important », se confie un étudiant de l’Esigelec. L’ambiance est plutôt détendue. La pression est retombée et les étudiants jouent à deviner quels seront les dossiers gagnants. Noémie Boissier de l’ENSTA Paristech témoigne : « J’étais stressée à un point inimaginable. Je n’ai jamais autant tremblé de toute ma vie ! La plupart des projets se ressemblaient. Notre approche qui consiste à faire participer des lycéennes à la course et donc à les ouvrir également aux sciences se démarque je trouve. De plus, il correspond bien à un besoin de filles dans les formations scientifiques et à la volonté de mixité dans les métiers techniques. »
Certains sont donc plutôt contents d’eux. D’autres plus incertains, à l’instar de ceux qui ont tous misé sur le premier projet, et qui parfois, n’ont pas présenté de projet associatif.
Puis les élèves sont invités à se rendre au dîner. Le jury les y attend et le couperet tombe. Premier Prix : Centrale Marseille. Deuxième Prix : ENSTA Paristech. Troisième prix : Arts et Métiers Paristech Bordeaux. Beaucoup d’émotions dans la salle. D’aucuns sont surpris du premier prix : l’originalité a payé. Centrale Marseille a particulièrement misé sur la présentation du projet sous forme de reportage et d’interviews. Une présentation très dynamique et très argumentée. Cela a fait la différence parmi tous les dossiers qui offraient des prestations semblables. Jean-Jacques Parmentier explique : « Le dossier de Centrale Marseille s’est démarqué très vite des autres lors des délibérations. Nous avions une grille de notation définie qui évaluait sur 20 points la présentation, sur 60 points le projet en lui-même (le montage économique, motivation, communication…) et sur 20 points la participation. Pour ma part j’ai choisi cette école pour la qualité de la présentation, son originalité et la motivation manifeste de l’équipe. » Frank Dormont précise : « Je trouve que les dossiers avaient un même niveau de qualité cette année alors que l’on avait constaté une forte amélioration d’une édition à l’autre les années précédentes. Les étudiants n’ont pas assez utilisé les nouveaux systèmes de communication tels que les réseaux sociaux pour promouvoir leurs projets. Nous sommes en train d’étudier une évolution du Trophée Poséidon DCNS. »
Puis le dîner se déroule dans une ambiance très conviviale. A table, Bernard Sans, Directeur de DCNS Services Toulon, répond aux questions des étudiants curieux de connaître mieux les métiers liés à l’environnement marin et les axes de développement du groupe DCNS. Les échanges avec les collaborateurs du groupe sont nombreux et ces derniers expliquent les défis de leur métier qu’ils soient en termes de défense nationale ou d’énergie nucléaire. Les festivités se terminent tard dans la soirée et les étudiants sont raccompagnés à leur hôtel, dans le centre de Toulon.

Visite guidée
Le lendemain, à 8h45, les bus accueillent les délégations des écoles pour les emmener visiter les centres DCNS de Toulon et du Mourillon. DCNS Services Toulon compte environ 2 000 personnes dédiées au maintien en condition opérationnelle des navires et équipements et au soutien logistique des systèmes complexes. DCNS Services Toulon est chargé d’entretenir la flotte basée en méditerranée, c’est-à-dire les sous-marins nucléaires d’attaque, le porte-avions Charles-de-Gaulle, et les bâtiments de surface. Ils entretiennent également des bateaux civils appelés les bateaux blancs.
Arrivés au Port, les étudiants admirent le porte-avions Charles-de-Gaulle et les deux bateaux de ravitaillement La Marne et La Meuse. Des opérationnels les attendent pour la visite guidée. A bord de La Marne -un 13 000 tonnes et 18 000 tonnes lorsqu’il est chargé -, les questions fusent. L’enseigne de vaisseaux Boutroux répond passionnément à toutes les questions. La narration des missions au large est palpitante : missions en mer dont le ravitaillement, escales dans l’Océan Indien, attaque des pirates au large de la Somalie... Puis les étudiants se rendent à l’atelier pour une visite enrichissante. Enfin, le site du Mourillon, dont les activités sont Systèmes d’Information et de Surveillance (SIS), Ingénierie des systèmes Navals de Surface (SNS) et de Sous-marins (SMA). Expert en système de combat, le site est une pépite d’enseignements. Accueil par le directeur du centre DCNS de Mourillon : Alain Tanguy. Il présente la Frégate Horizon, dernière construction pour la Marine française, les systèmes de management de combat, les futures armes de dissuasion, etc… 20 millions d’euros ont été dépensés en R&D en 2009 ! Les étudiants visitent ensuite la plate-forme bâtiment de surface, la plate-forme Sous-marins, le laboratoire technique de détection acoustique et la cellule compatibilité électromagnétique (CEM) pour avoir une vision des métiers par les professionnels du site. La tête bien remplie, les étudiants repartent vers la gare des idées d’évolution professionnelle plein la tête. Les visites auront été marquantes.



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